528                                                   REGISTRES DU BUREAU                                               [.565]
DCCXXV1I. — Lettres du Roy à mons" de Barrezieux.
Autres lettres du Roy aud. s" [pour les] bledz.
Lettres de mons" de Barbezieux, Gouverneur de Champaigne, à la ville de Paris.
i5 octobre i565. (H 1784, fol. 336 r°.) •
"Monsieur de Barbezieulx, ayant consideré ce que me remonstrez sur le faict de ce descry des mon­noyes de Loraine, Bezançon et Genefve'1', j'ay ad­visé d'en prolonger le temps jusques à ung an, qui sont six moys davantaige que ne porte led. descry, ce que vous ferez incontinant publier et noliflïer, afin que le pauvre peuple l'entende, et avec plus de loysir il regarde de s'en deffaire doucement. Et quant ad ce que vous avez faict dresser pour la pollice des bledz, je le trouve bon et bien advisé, et entendz que vous le faictes publier au gouvernement de Cham­paigne pour y estre gardé jusques à ce que par moy autrement en ayt esté ordonné, priant Dieu, mons' de Barbezieulx, qu'il vous ayt en sa saincte garde. Escript à Oyron,le xxvie jour de Septembre 1565." Ainsi signé : CHARLES. .
Et au dessoubz : Bourdin.
Et à la subscription : A mons? de Barbezieulx, che­valier de mon Ordre, et mon Lieutenant au Gouverne­ment de Champaigne et Brye W.
La presente coppye a esté collationnée à l'origi­nal par commandement de monseigneur de Barbe­zieulx, Lieutenant general, par moy soubz signé, son secretaire, le xvc Octobre mil cinq cens soixante cinq.
Signé : Destieres.
"Monsieur de Barbezieulx, j'ay eu jusques icy beaucoup de plainctes de l'infertilité qui s'est trouvée en la pluspart des provinces de mon royaume à
la recolte des bledz de ceste année, qui me faict craindre de veoir la famine parmy mon peuple, s'il n'y est donné une prompte et necessaire provision; et n'estimant pas que cela se puisse aysement ct commodement faire , si premierement l'on ne sçayt quelz grains il peult avoir, au jour d'huy, esd. pro­vinces tant des années passées que de lad. recolte derniere, je prie et ordonne que, incontinant la presente receue, vous mandez à tous les baillifz et seneschaulx du gouvernement dc Champaigne, et pareillement aux prevostz, maires, chastellains et consulz des villes, bourgs, bourgades el villaiges qu'ilz ayent, chascun de leur part, à faire faire la re­cerché el description de tous les bledz et autres grains, tant vieilz que nouveaulx, batuz et à batre, qui se trouverront esd. villes, bourgs, bourgades et villaiges, tant es abbayes, monastères et commu-naullez que es maisons particullieres des gentilz­hommes, officiers, marchans, laboureurs et autres personnes, de quelque qualité et condition qu'ilz soient, sans nulz en excepter ny reserver, et par mesme moyen facent une sommaire estimation de la quantitté desd, bledz et grains qui sera necessaire pour la nourriture du peuple de chascun desd, lieulx jusques à la prochaine recolte, dont ilz dresseront bons et amples procès verbaulx, par lesquelz ilz spé­cifieront es maisons de qui lesd, bledz et grains au­ront esté trouvez, et en quelle quantitté et especes, et vous envoyeront le tout, que vous me ferez tenir incontinant après'3). Ce pendant je suis bien d'advis, pour eviter aux monopolles et à l'extreme avarice de
(■) Des lettres patentes du 5 octobre 1564 , enregistrées par la Cour des Monnaies le 22 novembre suivant, avaient ordonné la fa­brication de nouveaux sols parisis et le décri do toutes monnaies de billon étrangères, au-dessous de 3 sols. A l'arrêt de la Cour des Monnaies prescrivant la publication de ces lettres se trouve annexé un tableau des espèces décriées, notamment des Carolus de Be­sançon, tant vieux que nouveaux, des petits blancs de Besançon, des Carolus et petits blancs de Dôle, des Carolus do Genève et de Lorraine; ce tableau indique'le poids et la valeur do chacune des pièces et est accompagné de leur représentation gravée, pour la face et le revers, qui a été collée sur le parchemin à Ia suite de la description de chaque monnaie. (Archives nationales, Cour des Mon­naies, Z'b 66, fol. 88 v°.)
(2)   Charles de la Rochefoucauld, seigneur de Barbezieux, second Cls d'Antoine de la Rochefoucauld et d'Antoinette d'Amboise, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, que le P. Anselme indique par erreur comme ayant exercé les fonctions de gouverneur de l'Ile-de-France, fut lieutenant général au gouvernement de Champagne et de Brie de i563 à 1578 et devint grand sénéchal de Guyenne après la mort de son frère Gilbert; il avait épousé Françoise Chabot et décéda le 15 juin 1583.
(3)   Les mesures ordonnées ^)ar l'autorité royale pour protéger les réserves de blés en Champagne avaient moins d'urgence dans celle province que dans l'Ile-de-France et la Brie, où le blé se vendit un prix exorbitant. "Il ne fut si cher, dit Claude Haton dans ses Mé­moires, en Champaigne, Bourgongne et Lorraine, où on faict en habondance des seigles, mestaux et orges.» Suivant lo même chro-